Pourquoi avez- vous
souhaité traité ce sujet maintenant ?
Pendant 6 ans, j’ai
exercé le métier de journaliste. Chaque article a un caractère éphémère,
donnant lieu a une frustration. Ce sentiment m’a donné envie d’aller au fond
des choses en réalisant des films. J’ai choisi de traiter ce sujet lorsque j’ai
rencontré un des personnages du documentaire.
Avez -vous
rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?
C’est un thème
difficile à traiter… quand on s’attaque à des sujets comme l’armée, la
politique, la démocratie et les drames humains. Il m’a fallu 4 ans pour
réaliser ce documentaire. J’ai pris le temps de compiler les informations…même
si tout au long du projet, j’avais une grosse crainte : celle de ne pas pouvoir
tourner.
Est-ce que vous
étiez en colère au moment où vous avez affronté le soldat membre de l’unité
spéciale ?
Je n’étais pas en
colère, j’étais fascinée. Peut- être que ce n’est pas le mot juste. La première
fois que je l’ai rencontré, c’était un soir, j’étais terrorisée. Mais le
lendemain quand on a commencé l’interview, j’étais complètement fascinée. Pour
mon expérience professionnelle et cinématographique, rencontrer quelqu’un comme
ça, qui explique qu’il a massacré des hommes, qui n’est pas dans un processus
de regret, sans humanité m’a fasciné. Ca n’est pas un film pour critiquer le
gouvernement du Cameroun, le but du film, c’est de montrer une société à la
dérive.
Votre documentaire
a-t-il été bien accueilli à Cannes ? Quel est le but de votre présence à Cannes
?
Malheureusement il
n’est pas présent en sélection officielle ou parallèle. Il est actuellement
présenté au Pavillon « les Cinémas du Sud ». Une projection a aussi eu lieu au
Marché du Film. Globalement l’accueil a été plutôt positif. Au- delà de la
présentation de mon documentaire, je profite du festival pour rencontrer des
distributeurs.
Qu’avez-vous prévu
pour continuer la promotion de votre documentaire ?
Le
26 juin, grâce au soutien de CFI, mon documentaire « une affaire de nègres »
sera projeté à Paris au club de l’étoile, pour les professionnels et la presse.
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Ce documentaire, suivi d’un débat, a été à nouveau présenté à Paris, Espace
Saint Michel, ce vendredi 25 septembre
2009, notre Ambassadrice et Amie Yolande AMBIANA y était, voici son
analyse :
« UNE AFFAIRE DE PALAIS »
Vendredi
25 septembre 2009, Espace St-Michel à Paris :
20h 30mn ce jour, c’est l’heure de la
séance du film documentaire de l’éminente réalisatrice Osvalde LEWAT « Une affaire de nègres ». On se
croirait sur la 6ème chaîne française, à la projection
d’ « Un dîner presque parfait », mais le poison du crime
assaisonne ici les plats.
Décline alors à la lueur du soir, un
paysage lunaire à l’ombre de la vérité, vaste cérémonie nuptiale où opèrent
mariages de tous bords, promesses louables mais éthérées s’y mêlent aux élans
de crimes institutionnalisés, et l’on croise en tortionnaires de la République,
les acteurs dignes des pires films d’horreur.
C’est le cas effroyable du Cameroun en l’an 2000, comme le déplorent
la larme à l’œil, certains intervenants membres du Barreau, des médias et partis
politiques.
Le débat s’amorce à 22h10mn.
La question rituelle « Si
quelqu’un ici présent s’oppose à ces mariages, qu’il parle ou se taise à
jamais… » résonne au cœur de l’invite sommaire de la réalisatrice, en un
frugal mais appétissant « y
a-t-il des questions ? ».
La séance expire mais le débat enfle,
souffle sur un feu d’offense aux Droits de l’Homme. Face à l’infamie d’ici ou
d’ailleurs, l’écran est mis à l’index, à la carte de notre conscience.
Il y a foule en salle et abondance de
saveurs. A défaut de vin, le sang coule à flots dans nos propos, nos langues se
délient. C’est un menu gastronomique à souhait, servi dans du petit lait, à coups
de pied dans la termitière, tant ce met reste prisé par des palais avertis.
Pour éviter l’indigestion, mieux vaut mettre nos petits plats dans les grands.
Mais je m’égare, nos pieds foulent la
France, piétinent la critique. De sa voix suave et nationale, Liane FOLY y
susurre : « La Loi ne fait plus les hommes, mais quelques hommes font
la loi » .Tel un enfant, n’est ce pas d’une voix libre et affranchie que
se déploie la voix d’un ange ? Aimé Césaire n’en dirait pas moins.
Lorsque la messe fut dite le principal
intervenant en robe d’avocat, fût mûr à point pour la dégustation, c’est à mon
tour de prendre part à ce festin.
Je présente mon "apéritif" sous deux
couverts, mère et ambassadrice d’une association pour les Droits de l’Enfant,
L’ "AEDEPS-Protection de l'Enfant" (URL: www.aedeps.fr), ayant des partenaires dans
deux pays africains, d'ailleurs nous en profitons pour dire bonjour à Martin au Bénin.
Le coude levé en un cocktail de
compliments, je n’ai d’yeux que pour la nouvelle promise par notre
réalisatrice : oh ! Grande d’âme, la Vérité ni plus ni moins, au doux
pays des Droits de l’Homme.
A ma première question mon palais
explore en entrée, une douce saveur d’innocence :
« Osvalde, dans votre conception,
l’intégrité d’un enfant concerne telle l’institution générale des Droits de
l’Homme ? »
« Comment une question si
triviale peut-elle être posée... mais ai-je bien compris ?! » S’exclame ébahie la réalisatrice, face à mon ignorance…
« Que voulez vous, ma question
est simple autant que moi-même, si le bon sens est des mieux partagé au monde,
la bêtise aussi, permettez moi d’en faire usage.»
Osvalde consent enfin à enfourner ma
question qui devient brulante, je l’entends déclamer d’une voix sonore et
véhémente dans cette salle qui bât son plein :
« Mais ignorez vous que les
enfants sont concernés par les Droits de l’Homme? Et bien au-delà, Ils en sont la base, le socle, que dis-je le
flambeau !!! »
Mes papilles s’émoustillent soudain,
s’enhardissent comme celles d’un enfant devant une friandise. Face à une telle
révélation, Le délice m’envahit et j’entame sans tarder mon plat de
résistance :
« Ah ! Madame la
réalisatrice, comme vous soulagez ma faim, et la soif de connaissance qui me
taraude depuis tant d’années !
Il
fût un temps peu reculé, votre principal intervenant, avocat de son Etat,
honorait goulument ma table au sens propre comme au figuré. Voyez-vous, j’ai de
sérieuses raisons d’affirmer ce jour, que cet homme en robe, s’est détourné de
quelques enfants en péril pour protéger… sa chaire.
J’ai dans mon ignorance, la prétention de croire qu’une telle
considération s’élève bien au-delà
de ma modeste personne alors, vous saurez certainement nous éclairer sur cette
question, aussi simple que la première.
A quel titre et par quel miracle, un
homme fût-il en robe, pourrait’ il au
nom des Droits de l’Homme, défendre quiconque du danger de mort, quelque homme
que ce soit, s’il n’est pas à même de répondre à la détresse d’un seul enfant
dans sa société ? »
L’atmosphère s’embrase au dessert,
mais voyez comme moi, le plat est cuit à point, à l’étouffée. Ce doit être l’effet du digestif, car un
homme en furie se jette sur moi et me demande pourquoi je n’aurais pas confié
mon dossier à telle autre avocate de renom, au lieu d’acculer le protagoniste.
« En nous laissant entrevoir
madame la réalisatrice, que vous auriez
pu vous tromper au casting, dans le choix de vos ingrédients, cette bonne âme
ferait t’elle la plonge pour vous ? Je vous remercie »
On m‘informe « en cuisine »
de la présence au menu de quelques gros poissons, mais dans les affaires
juteuses, gros poissons et menu fretin nagent dans les même eaux…
Yolande AMBIANA
Ambassadrice de l’AEDEPS.
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Des liens importants à suivre:
Osvalde Lewat: «J'ai posé un acte citoyen»
Parution dans "Libération" du 25 septembre 2009:
http://www.liberation.fr/cinema/1201189-cinema-une-affaire-de-negres
http://www.critikat.com/Une-Affaire-de-negres.html
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Note du Bureau de l'AEDEPS-Protection de l'Enfant:
à l'attention d'Isabelle, Charles-Olivier et Céline, votre maman ne vous a jamais oubliée et elle vous aime, même si l'on vous empêche tout contact avec elle, et que l'on peut vous raconter n'importe quoi de faux à son sujet, surtout n'oubliez jamais, les enfants, que votre maman est très gravement malade en France, maladie rare non reconnue, qu'elle ne peut se déplacer facilement du fait des soins lourds qu'elle doit subir, dans divers hôpitaux parisiens, vous lui manquez beaucoup et une maman on en a qu'une dans sa vie.
Signé J.G